Mots-clés : Public, Information, Participation, Accessibilité, Ethique, Sécurité, Maîtrise, Budget, Contenu, Technique, Travail en réseau, Charte
Pour structurer la charte, nous l’avons divisée en domaines : les publics, les informations, la participation, l’accessibilité, l’éthique, la sécurité, la maîtrise et le budget. A travers chacun de ceux-ci nous avons repris des recommandations relatives aux trois thèmes fondamentaux de l’utilisation d’Internet : le contenu, la technique et le travail en réseau.
Les recommandations dans ce domaine visent à mieux définir et à améliorer l’utilisation de l’Internet par l’ONG vis-à-vis de ses différents publics.
La construction de l’Internet de l’ONG doit tenir compte des différentes spécificités, sociales, culturelles, linguistiques, géographiques, des publics auxquels elle s’adresse.
Les informations et les formats Internet y associés doivent être en adéquation avec les techniques existantes auprès du public cible tout en restant accessibles à tous les individus quelques soient leur matériel ou logiciel et leur infrastructure réseau.
Il faut tenir compte de la forme et de la présentation du contenu car celles-ci ont un rôle à jouer pour attirer le public et lui rendre l’utilisation de l’Internet de l’ONG agréable. Il faut cependant veiller à ne pas verser dans l’excès inverse en privilégiant la forme au contenu.
L’ONG doit respecter les standards Internet, normes communes à une entité, édictés par le World Wide Web Consortium (W3C) afin que son Internet soit compatible avec tous. Les formats et protocoles propriétaires doivent être évités car ils créent une dépendance vis-à-vis du producteur de logiciel.
En particulier les langages HTML et CSS purs doivent être utilisés pour la publication sur le web et le format TEXT pour les échanges d’e-mail.
Les hébergeurs locaux doivent être préférés dans la mesure où ils contribuent au développement d’une infrastructure Internet locale indépendante.
De plus les ONG peuvent agir de manière à contribuer à l’établissement d’un réseau de fournisseurs Internet indépendants dans les pays du sud.
Une ONG doit clairement distribuer les compétences en matière de communication externe à une ou plusieurs personnes en son sein.
Il est utile que l’ONG dispose d’une ou de plusieurs adresses e-mail centralisées qui sont lues régulièrement. Ces adresses peuvent également servir d’adresse d’expédition par les différentes personnes répondant au nom de l’association.
Les recommandations dans ce domaine visent à améliorer la qualité des informations diffusées, reçues et relayées par l’ONG en tenant compte des spécificités des outils Internet par rapport aux médias traditionnels.
Profiter des différents niveaux de lecture que permet l’Internet pour que les publications ne soient pas seulement événementielles mais incluent une remise en contexte et une réflexion sur leurs causes et leurs conséquences et attirent l’attention sur les responsabilités mutuelles.
Il est essentiel d’assurer une fiabilité de l’information publiée en se référant aux faits, en citant les sources et en vérifiant les rumeurs.
Favoriser une communication montante et descendante, afin qu’Internet, lieu de construction de savoirs collectifs et d’échanges entre les différents publics, permette aux populations de partager leurs savoirs et expériences et de les confronter aux avis des spécialistes.
En terme d’éducation au développement, il s’agit de promouvoir les informations reflétant la diversité des pays du sud qui mettent en avant la richesse des initiatives locales en terme de développement.
Les ONG, de par leur position de témoin sur le terrain, ont un devoir d’information dans les crises oubliées et de contre information vis-à-vis des médias traditionnels. L’Internet grâce à ses facilités d’utilisation, de publication instantanée et ses faibles coûts leur permet de remplir ce devoir en diffusant l’information auprès de leurs réseaux.
Les signatures électroniques peuvent être un moyen technique d’authentifier les messages et leurs expéditeurs.
L’ouverture du site, permettant la communication montante et descendante, peut être réalisée par deux types de moyens techniques : les sites interactifs et les outils de discussion.
L’ONG doit avoir en son sein ou dans chacun de ses noeuds un responsable Internet clairement identifié qui assure la fiabilité des informations qu’il relaye et publie sur l’Internet de l’ONG.
Le ou les responsables Internet de l’ONG doivent assurer le flux d’information entre l’Internet et les autres médias utilisés par l’ONG.
Les recommandations dans ce domaine visent à améliorer une des spécificités du média Internet : son caractère participatif.
L’ONG doit donner les moyens à ses partenaires de publier eux-mêmes les informations qui les concernent, favorisant ainsi les témoignages directs plutôt que les interprétations réductrices.
Présenter les informations de manière à permettre un débat, une réaction, lorsque ceux-ci sont justifiés, en utilisant ainsi la spécificité bidirectionnelle de l’Internet.
En particulier il faut éviter toute barrière sociale, culturelle et intellectuelle et faciliter l’accessibilité des différents publics.
Les liens, éléments essentiels d’Internet, constituent aussi un contenu. Ce contenu doit faire usage de liens entre sites et entre les autres outils Internet mais aussi des liens vers la vie réelle et les médias traditionnels.
Les sites interactifs sont une réponse technique permettant aux différents publics les visitant de participer à la construction du site, de réagir par rapport à l’information ou simplement de contacter l’ONG.
Les mailing listes (ou leur version web, les forums) sont une réponse technique permettant de susciter la participation des visiteurs. Les news (ou netnews) sont un autre outil permettant également les débats.
Lors de la mise en place de tels systèmes il est cependant nécessaire de ne pas sous-estimer le rôle de l’animateur.
L’ONG doit désigner une ou plusieurs personnes chargées de l’animation et de la modération des mailing listes et forums.
Le ou les reponsables de l’Internet d’une ONG doivent régulièrement interpeller les instances et les membres de l’ONG ainsi que les différents partenaires afin qu’ils participent et contribuent à la construction de l’Internet de l’ONG.
Les recommandations dans ce domaine visent à garantir le droit à l’accès à l’information ainsi que le droit à la diffusion d’information de chacun.
Le contenu de l’information doit être structuré afin de faciliter la navigation, la recherche et l’accès à cette information.
L’information doit être la plus pédagogique possible afin d’être accessible au plus grand nombre. Ce qui n’exclut pas la publication d’articles à contenu plus spécialisé lorsque le contexte le permet.
Dans la construction d’un site, il faut veiller à ce que le nombre de clics pour accéder à l’information utile soit minimisé.
Lors de la suppression de pages ou de la reconstruction d’un site, il faut veiller à ne pas briser les liens extérieurs qui étaient dirigés vers ces pages.
Le choix du nom de domaine doit être court et correspondre au nom de l’association ou à l’objet du projet, en effet il participe à son unité. Le suffixe de ce nom de domaine a une signification et doit être choisi de manière adéquate.
Ce nom de domaine devrait être utilisé de manière globale dans l’Internet de l’ONG, par exemple aussi bien pour le site web que pour les adresses e-mail.
Afin que le site web d’une ONG soit facilement accessible, il est nécessaire de faciliter son référencement sur les moteurs de recherche. Ceci est fait en utilisant correctement les meta tags et en veillant à ce que les robots indexeurs aient accès au site.
Chaque responsable internet de l’ONG doit pouvoir rendre accessible aux connectés et non-connectés l’information disponible sur Internet. Il peut par exemple assurer la recherche d’informations et le relais des messages reçus sur l’adresse générale de l’ONG.
Le correspondant Internet de l’ONG a la responsabilité de diffuser et de publier l’information en provenance de l’ONG sur l’Internet. Il est donc responsable de l’accessibilité des informations de l’ONG à l’extérieur de celle-ci.
Les recommandations dans ce domaine visent à promouvoir une utilisation éthique des outils Internet.
L’Internet d’une ONG doit permettre à toutes les tendances légitimes de l’association de s’exprimer.
Les informations présentent sur l’Internet d’une ONG devraient être libres et gratuites. D’autre part les droits d’auteurs peuvent être préservés par des licences de type contenu libre. Ce qui n’empêche que les services dérivés de ces informations puissent être livrés contre rétribution.
Par souci de transparence, les ONG devraient rendre disponible en ligne leurs statuts et leurs sources de financement.
L’Internet de l’ONG doit interdire les discriminations raciales, sexuelles, culturelles, religieuses, socio-économiques, ...
Le choix des logiciels libres permet aux ONG de garantir leur indépendance vis-à-vis des fournisseurs de logiciels et de contribuer au développement d’un monde informatique et Internet libre de brevets.
L’usage de l’informatique et de l’Internet par les ONG influence aussi les habitudes des partenaires du sud dans ce domaine. Celles-ci ont donc une responsabilité quand au choix techniques réalisés par leurs partenaires.
En particulier les logiciels côté serveur peuvent être entièrement en technologie open source.
Pour faire une économie d’octets il faut préférer l’envoi de liens plutôt que l’envoi de fichiers. En effet les fichiers lourds excluent une partie du public de l’accès à l’information. Lorsque l’envoi des fichiers est inévitable, il est nécessaire d’utiliser des formats compressés.
Dans la gestion des mailing listes il faut préférer l’option IN à l’option OUT pour les nouvelles inscriptions. Ce qui veut dire que ce sont les nouveaux abonnés qui choisissent de s’inscrire à la liste et non de se désinscrire.
Les responsables Internet sont au service des objectifs de l’association. Leur fonction ne leur confère aucun autre pouvoir particulier que l’administration et le meilleur développement de la communication de l’ONG.
Les responsables Internet de l’ONG doivent veiller à limiter la diffusion des informations aux personnes auxquelles elles sont nécessaires. Ainsi ils aident l’ONG à gérer l’abondance d’information.
Les recommandations dans ce domaine visent à attirer l’attention sur les précautions à prendre afin de limiter les risques lors de l’utilisation d’Internet dans des situations délicates.
Il faut recommander la prudence quant aux informations sensibles risquant de mettre en danger l’intégrité physique et morale des personnes.
Afin de protéger un contenu sensible, le cryptage des informations peut être utilisé. Il existe des solutions techniques implémentant un cryptage pour les applications de courrier électronique aussi bien que pour les applications web.
Il est nécessaire que le responsable Internet de l’ONG soit conscient des informations confidentielles qu’il possède (mots de passe, accès privilégiés aux serveur) ou relaye afin qu’il prenne toutes les mesures utiles pour éviter leur divulgation.
Les recommandations dans ce domaine visent à ce que l’ONG maîtrise au quotidien ainsi que dans la durée son utilisation d’Internet.
Il faut prêter attention aux conditions d’utilisation des fournisseurs Internet en ce qui concerne l’utilisation des données personnelles et des contenus transitant sur leur réseau.
Il est important que les ONG choisissent leurs fournisseurs en fonction des logiciels qu’ils proposent mais surtout en fonction d’un support technique et pédagogique permettant un transfert de maîtrise.
Pour plus de facilité dans la maintenance et la maîtrise d’un site internet, il est nécessaire de bien penser la hiérarchisation physique et le nomenclature des fichiers et de les respecter.
Dans le choix d’un fournisseur d’hébergement, l’accès aux statistiques du site hébergé est un point stratégique. Celles-ci permettent en effet aux ONG d’évaluer les caractéristiques des visiteurs (par exemple pays d’origine) ainsi que les pages les plus visitées.
Il est aussi nécessaire de prêter attention aux licences d’utilisation des fournisseurs de services de statistiques externes afin qu’ils ne puissent utiliser les informations statistiques pour leur propre compte.
Il est nécessaire que les responsables Internet de l’ONG dans chacun des noeuds du réseau participent à la vie de leur groupe. Ils doivent être installés de manière durable dans leur poste. Ils doivent ancrer l’Internet de l’ONG dans le réel en étant particulièrement attentif au lien bidirectionnel entre le virtuel et la vie réelle.
Plus particulièrement dans le cas du développement d’un projet local, il est nécessaire et fondamental que le responsable Internet soit un membre du partenaire local plutôt que le coopérant de l’ONG. Si, dans le groupe, personne n’a les compétences requises, la formation d’un responsable local choisi par le partenaire sera la priorité de l’ONG en matière de communication Internet.
Chaque responsable Internet de l’ONG doit être clairement nommé et responsabilisé afin que ses contributions soient reconnues et crédibilisées.
Il faut que chaque responsable Internet ait la maîtrise et le libre accès à tous les outils Internet qui le concerne.
Ces responsables doivent être avant tout des animateurs. Leurs compétences techniques ne sont donc qu’un support nécessaire s’appuyant sur d’indispensables compétences humaines, en particulier communicationnelles.
Il est nécessaire que ces responsables soient formés correctement à assumer pleinement chacune de leurs tâches.
Les recommandations dans ce domaine visent à correctement évaluer le coût de la mise en place et de la maintenance des outils Internet de l’ONG.
L’évaluation des coûts ne doit pas négliger les aspects de maintenance et d’évolution du contenu par rapport à ceux d’hébergement, de création et de mise en place des outils.
L’Internet et les logiciels gratuits n’existent pas, le coût final est payé sous forme de publicité, de coûts de connexion retournés au fournisseur, d’exploitation de données personnelles de manière commerciale ou sert d’appât au lancement d’un nouveau service. Il est donc important que les ONG soient clairvoyantes sur ce point lors de leurs choix techniques.
Il faut également noter que le concept d’open source n’est pas synonyme de gratuit ; beaucoup de logiciels gratuits sont en fait propriétaires et les logiciels open source peuvent être accompagnés d’un service payant.
Il est nécessaire que l’ONG s’assure que le partenaire local ait les moyens de continuer à poursuivre sa présence sur l’Internet de l’ONG malgré le départ du coopérant.
Forum - Répondre à cet article
23 mars 2005, par Antoine
C’est pas génial la charte sous cette forme, car si on fait une modification dans un article, on doit aussi la reporter dans la charte par domaines -> 2 fois le travail.
Ne pourrait-on pas supprimer cette page, ou la remplacer par des liens vers les parties dans la charte par domaine ?
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